crêpes véganes et sans gluten

Ce mois de février a un goût irlando-écossais, entre la musique folk de Pentangle, des séries historiques et le paysage qui verdit de jour en jour (et la météo pluvieuse).

Lectures

Bien que raccourci le mois de février fut prolifique côté lectures, avec 5 romans et 5 bandes dessinées !

Deux coups de cœur pour les BD Ada, de Barbara Baldi et Enferme-moi si tu peux, d’Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg. Toutes deux traitent de l’art et de la différence. Ada est une jeune femme sensible, qui vit dans les bois auprès d’un père rustre et sévère. Celui-ci la maltraite et voit d’un très mauvais œil ses fréquentations, un groupe d’artistes à Vienne, composé notamment d’Egon Schiele et de Gustav Klimt. Dans un pays bouleversé par la guerre, la jeune femme trouve un peu de réconfort dans le dessin, la nature et l’affection de son chien, jusqu’à ce que l’atmosphère devienne trop pesante… J’ai été sous le charme de cette BD au graphisme atypique, très pictural. Un premier tome tout en sensibilité, avec peu de textes mais des illustrations d’une grande puissance, absolument sublimes dans des tons bleutés, jouant avec le clair-obscur.

Enferme-moi si tu peux traite quant à elle de l’art brut, posant la question de la nature même de l’art : don inné ou talent cultivé ? Génie mystique ou habileté technique ? Les six récits rapportés dans cette BD soulèvent ces questions en nous contant la vie de 6 figures de l’art brut, trois hommes et trois femmes, de milieux sociaux, nationalités et époques différents. Tous partagent cependant une sensibilité particulière : l’un entend des voix, l’autre voit des têtes, l’un est médium, l’autre handicapé… Les chapitres biographiques sont courts, entrecoupés d’entractes où les protagonistes se réunissent virtuellement pour échanger sur leur art. Le trait est vif, brossé, dynamique et épais, sans fioritures. Un BD qui donne envie de (re)découvrir cette forme d’art souvent dénigrée, créée par des artistes qui n’en sont pas, mus par une force indicible.

Côté roman, c’est le Prix Goncourt 2019 qui s’est démarqué ce mois-ci, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, de Jean-Paul Dubois. Le synopsis de départ ne me tentait pas plus que ça, mais sur les conseils de mes proches, j’ai entamé sa lecture et été agréablement happée par l’histoire. Paul Hansen, le narrateur, est incarcéré depuis deux ans dans la prison provinciale de Montréal, après un événement dont on ne saura le fin mot qu’à la toute fin (évidemment). On y suit son quotidien, marqué essentiellement par ses interactions avec son camarade de cellule, un colosse passionné de moto et atteint d’une curieuse phobie capillaire du nom de Patrick Horton. Quotidien routinier, dont il s’échappe via sa mémoire, retraçant sa vie, la vie de ses parents, jusqu’à son arrivée en prison. Un beau parcours de résilience et de destin, servi par une plume vive et précise, mais non dénuée de poésie.

J’ai aussi enfin achevé la saga de La Passe-Miroir, avec un magistral tome 4 : La Tempête des échos, de Christelle Dabos. Une saga qui mériterait d’être relue dans son entier de par sa réjouissante complexité, et pour apprécier au mieux ses subtilités. Une fin émouvante et poignante, labyrinthique, à l’image de l’originalité de l’univers de fantasy imaginé par l’autrice.

Mes autres lectures ont toutes été plaisantes, sans me marquer excessivement non plus :

  • Côté BD, j’ai bien aimé le premier tome de la série Dans les yeux de Lya : en quête de vérité, de Carbone et Justine Cunha, où une jeune fille paraplégique suite à un accident réussit à se faire embaucher comme stagiaire dans le cabinet d’avocats qui a traité ce tragique événement. Dynamique et prenant, avec un joli graphisme fluide et chaleureux.
  • J’ai également apprécié ma lecture d’Homo sapiens, d’Antoine Balzeau et Pierre Bailly, de la collection La Petite bédéthèque des savoirs (dont j’ai déjà lu pas mal de titres, et avait notamment beaucoup aimé ceux sur Le Tatouage et L’Univers), qui est une bonne mise en bouche pour comprendre un peu mieux les spécificités de notre espère et démonter certaines croyances (notamment l’idée d’une évolution linéaire ou des races).
  • Pour une petite pointe d’humour, Fanette d’Aurel est une courte BD rafraîchissante de format carré mettant en scène une jeune ado écolo se heurtant à l’incompréhension de ses proches.
  • Côté roman, j’ai été un peu déçue par le nouvel opus de Martin Winckler, L’École des soignantes, dont vous trouverez son esthétique juste ici. Je lui ai nettement préféré le pavé du Chœur des femmes, qui m’avait sensibilisée à l’intersexualité notamment (son esthétique ici).
  • Jamais l’un sans l’autre de Joël Schmidt m’a mise un peu mal à l’aise, en traitant de la relation fusionnelle d’un frère et d’une sœur, tous deux pianistes virtuoses. Une fable/conte à la Dorian Gray, déstabilisante et lancinante.
  • Enfin, Les Petits garçons de Théodore Bourdeau est un récit bien contemporain, traitant de deux chemins de vie parallèles mais différents entre deux amis d’enfance. Alors que l’un s’élève dans la hiérarchie sociale, la narrateur semble patauger dans tous les aspects de sa vie, de son boulot de journaliste à sa vie personnelle. Mélange de satire de de notre société et de tranches de vie, j’ai trouvé que le récit manquait parfois un peu de cohérence et sombrait vite dans les clichés. La fin m’a tout de même plutôt plu.

(Si vous êtes encore là, bravo : soit vous être un-e chevronné-e lecteur/rice, soit ma prose vous plaît vraiment).

Films/séries/vidéos

Films

Côté films, j’ai regardé et pas vraiment apprécié Parle avec elle d’Almodóvar, dont j’ai trouvé l’intrigue discutable (le combo viol + corrida m’a faite passée complètement à côté de l’histoire), et Journal d’une femme de chambre, de Benoît Jacquot, dont la fin m’a laissée pantoise après un contenu plutôt plat.

Séries

Côté série, j’ai regardé la première partie de la saison 6 de Vikings, série que j’apprécie beaucoup de part la complexité des personnages (notamment féminins) et la beauté des décors. J’ai plutôt aimé cette première partie de ce qui sera apparemment le dénouement de la série, même si le duel Björn/Ivar commence à être un peu longuet.

Par contre, j’ai adoré la saison 1 d’Anne with an e, qui met en scène une jeune orpheline rousse à la créativité débordante, recueillie par deux fermiers frère et sœur sur l’Île du Prince Édouard, au Canada. J’ai d’ailleurs entamé le mois de mars en lisant le premier tome de la saga de Lucy Maud Montgomery dont est issue la série, et regardé les saisons 2 et 3 dont je vous parlerai dans le prochain tableau du mois. L’esthétique de l’image, les thématiques abordées (de la place de la femme à la différence, en passant par une ode à la nature), la personnalité de la jeune Anne qui m’a rappelé une certaine petite fille… Tout m’a plu !

Vidéos

Sur Youtube, j’ai découvert la toute nouvelle chaîne de Bookimia, que je suis sur Instagram : des chroniques de livres en format court, concises et poétiques !

Après avoir arrêté de la suivre un bon moment, j’ai retrouvé Laëtitia de la chaîne Le Corps La Maison L’Esprit dans le premier épisode de son “Journal d’écriture”, autour de ses peurs et du syndrome de l’imposteur. Ses propos ont fait écho à mes propres sentiments face à la page blanche ;), et j’ai hâte de suivre l’avancée de son projet.

Musique

Ce mois-ci, j’ai carburé à la musique folk de Pentangle, dont la voix de le chanteuse est aussi pure et fluide que de l’eau, et qui me donne envie d’aller me promener dans des étendues vertes ponctuées de ruines…

J’ai particulièrement écouté The trees they do grow high histoire d’appeler le printemps, Bruton Town et My Johnny was a shoemaker (sous l’ancien groupe The John Renbourn Group).

Cuisine

Et pour terminer par une pause gourmande, février fut le mois des crêpes, toujours la recette d’Au vert avec Lili de mon côté.

J’ai aussi mis au point ma recette de gâteau moelleux aux poires et au chocolat, pour les nombreux anniversaires du mois de mars…

Moelleux poire chocolat (vegan, sans gluten)

Et en vrac…

Parce que cet article n’est décidément pas assez long, je voulais aussi partager avec vous quelques bonheurs du mois de février (liste non exhaustive bien entendu ):

  • rentrer d’une balade sous la pluie
  • les premières fleurs : primevères, ficaires, violettes…
  • offrir un puzzle personnalisé à ses proches
  • écrire une longue lettre à une amie…

Et vous, quelle(s) teinte(s) avait donc le mois de février ?

4 thoughts on “Tableau de février 2020

  1. Évidemment que j’ai tout lu! Comme d’habitude, super intéressant 🙂 je lis pourtant bien moins que toi mais j’aime piocher des idées sur les blogs

    1. Ah ah, félicitations Anej, on reconnaît les internautes assidus 😉 ! J’aime aussi beaucoup ce genre d’articles partages, on y pioche ce qui nous intéresse !

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