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Lectures

Ayant réceptionné une commande de livres pour une des bibliothèques où je travaille juste avant le confinement, j’ai eu de quoi faire niveau lectures !

Mes trois coups de cœur du mois auront été Par les routes, de Sylvain Prudhomme (sur lequel je ne m’étendrai pas car je lui ai consacré une esthétique entière juste ici), Miroir de nos peines de Pierre Lemaitre et Sacrées sorcières, une adaptation en bande dessinée du roman de Roald Dahl par Pénélope Bagieu.

  • Miroir de nos peines est le troisième et dernier tome de la trilogie historique de Pierre Lemaitre, amorcée avec Au-revoir là-haut, Prix Goncourt 2013. Nous voici cette fois-ci en 1940, alors que la Seconde Guerre Mondiale rentre dans sa deuxième phase après l’invasion de la France par les Allemands. Alors que des milliers de Français prennent la fuite vers le sud, nous allons suivre plusieurs personnages dont les destins sont bien sûr entrelacés : Louise, jeune femme qui vient de perdre sa mère, emportant avec elle de nombreux secrets (évidemment !), Gabriel, sergent-chef intègre, et son compagnon de route magouilleur dénommé Raoul, Fernand, garde-mobile affable et amoureux, et Désiré l’insaisissable. J’ai adoré ce dernier personnage, qui m’a fait penser dans son aspect fantasque à Édouard Péricourt, l’un des héros du premier tome. Car ce dernier volet, même s’il peut se lire individuellement, regorge de références aux deux premiers opus, qu’il est amusant de débusquer à la lecture. De nouveau une très belle fiction historique, que j’ai pour ma part préféré au deuxième tome qui traitait surtout de vengeance. Ici, la débrouillardise est empreinte d’humanité, l’histoire touchante et épique, avec une pointe de sarcasme bien dosé ! L’intrigue est bien tissée, et si la fin est attendue, le plaisir de tourner les pages est bien là !
  • Déjà, sur le papier, en tant qu’adaptation du roman éponyme du génial Roald Dahl par Pénélope Bagieu, la bande dessinée Sacrées sorcières avait tout pour plaire. Et sans grande surprise, je n’ai pas boudé mon plaisir, d’autant plus que Pénélope Bagieu y a distillé ici et là des petites références féministes et écologiques. L’intrigue y est en effet actualisée, même si le synopsis de base reste le même : un jeune garçon recueilli par sa fantasque grand-mère après la mort de ses parents va se retrouver bien malgré lui à chasser les sorcières, ces terribles créatures dont le but est d’éradiquer les enfants de la surface de la Terre… Une chouette adaptation très (trop ?) colorée et dynamique, tout-à-fait fidèle à l’univers de Roald Dahl, avec la petite touche de Pénélope Bagieu !

Au niveau de mes autres lectures romanesques :

  • Le Silence d’Isra d’Etaf Rum a frôlé le coup de cœur, avec un texte poignant et révoltant traitant de la condition de la femme palestinienne, avec notamment la question des mariages arrangés, souvent malheureux (faisant écho au film Noces d’ailleurs, vu ce mois-ci). Le récit mêle deux chronologies : celle des années 90, en suivant le destin d’Isra, jeune Palestinienne mariée de force à Adam et contrainte de quitter son pays pour Brooklyn, à New York, et celle des années 2000, avec Deya, sa fille aînée. Celle-ci veut remettre en cause sa condition de femme, et lever le voile sur le passé, notamment la mort prématuré de ses parents. Secrets de famille, violences conjugales, sexisme, condition de la femme… autant de thèmes engagés qui font de ce premier roman un texte fort et terrible, où l’embrigadement dès l’enfance dans une éducation sexiste et patriarcale peut ruiner une vie. Dur mais essentiel.
  • Plus léger, Se le dire enfin d’Agnès Ledig m’a attiré de par sa localisation : l’histoire se passe à Brocéliande, et comme je n’avais encore jamais lu cette autrice, j’ai sauté le pas. Ce fut un mélange entre Changer l’eau des fleurs de Valérie Perrin et Promets-moi d’être heureux, de Célestin Robaglia (son esthétique ici), un feel-good mêlé de drame psychologique, au rythme bien mené, même si l’intrigue n’est pas époustouflante. Édouard, un cinquantenaire désabusé, part sur un coup de tête à Brocéliande et trouve refuge dans une chambre d’hôtes où se cristallisent bien sûr secrets et non-dits, entre amour perdu, traumatisme d’enfance, violences familiales… Des âmes tourmentées, blessées, qui vont se rafistoler ensemble. Un peu convenu mais plaisant.
  • Véritable drame psychologique pour le coup, associé à une critique sarcastique de notre société et des “cures de bien-être”, Neuf parfaits étrangers de Liane Moriarty (aussi premier ouvrage que je lis de cette autrice !), ce roman choral nous plonge dans un univers qui tient tout-à-la fois du paradis et de l’enfer. Une cure intensive dans un centre de bien-être, Tranquillum House, avec un petit goût de télé-réalité… Neufs parfaits étrangers (vraiment ?), mus par des objectifs divers et variés, se retrouvent pris au piège de cette cure où rien ne va évidemment se passer comme prévu. L’intrigue est prenante et dynamique, les personnages hauts en couleurs jusqu’à la caricature parfois. Sous couvert d’un récit façon thriller psychologique, l’autrice dénonce aussi les limites et les dérives du “développement personnel”, des réseaux sociaux, du diktat de la minceur et du “healthy”. Beaucoup de rebondissements tonitruants, mais pas de grand feu d’artifice final pour ma part. Un roman à la Katherine Pancol, volubile, dramatique, incisif, et avec une pluralité de personnages.

J’ai aussi apprécié la bande dessinée biographique Divine : vie(s) de Sarah Bernhardt, d’Eddy Simon et Marie Avril, surtout pour son côté esthétique, inspiré bien sûr de l’art nouveau, notamment les pages de garde des chapitres traitées telles des affiches d’Alfons Mucha. J’en ai aussi appris beaucoup sur la vie trépidante et mouvementée de cette comédienne brillante et femme fantasque revendiquant sa liberté, une personnalité tout feu tout flamme, à l’image de sa légendaire chevelure flamboyante.

Divine - Vie(s) de Sarah Bernhardt, Marie Avril, Eddy Simon

Films/séries/vidéos

Bon, là encore, j’ai eu le temps de visionner pas mal de film/séries/vidéos, le rythme risque fort de diminuer maintenant que j’ai repris mon rythme “normal” de travail.

Films

Côté films, j’ai regardé tout d’abord Noces, de Stephan Streker, qui fait écho au Silence d’Isra comme dit plus haut. On y suit Sadia, jeune belgo-pakistanaise de 18 ans, tiraillée entre les traditions familiales et sa vie “extérieure” de lycéenne en Belgique. Jusqu’ici, elle arrivait à trouver un certain équilibre, mais celui-ci est rompu lorsqu’on lui impose un mariage avec un Pakistanais. Le film sombre alors dans une sorte de tragédie mêlée de thriller, jusqu’à la fin, brutale et inattendue pour ma part, car n’ayant pas lu les critiques. Un coup de poing, qui m’a mise un peu mal à l’aise et m’a laissé un goût amer.

Deuxième film, un ovni cinématographique du nom de Her, de Spike Jonze. Il s’agit en fait d’une dystopie qui nous transporte dans un futur proche à Los Angeles, où Theodore, écrivain public dans une entreprise de lettres “manuelles”, se remet difficilement d’un divorce. Lorsqu’il installe un nouveau système d’exploitation révolutionnaire sur son ordinateur, il tisse une drôle de relation avec l’intelligence artificielle dénommée Samantha. L’histoire est originale et bien menée, servie par un Joaquim Phoenix très juste et touchant, avec une esthétique un peu désuète et colorée qui contraste avec le côté ultratechnologique de la société dépeinte. Il ouvre en outre la réflexion sur la question de l’intelligence et des sentiments : faut-il être nécessairement un humain, ou même avoir un corps pour ressentir des émotions ? L’être humain a-t-il l’apanage de l’intelligence et des sentiments ? Dans la même thématique, je vous conseille le roman Ada, d’Antoine Bello (quelques mots dessus ici !).

Séries

Avouons-le, j’ai surtout regardé des séries, dont la durée des épisodes (moins d’une heure généralement) était parfaite après ma journée de travail et avant le dîner !

  • Je commence avec le meilleur selon moi, les deux premières saisons de Peaky Blinders, qui nous plongent dans l’univers sombre et industriel de Birmingham au début du 20e siècle, dominé par le clan Shelby, les “Peaky Blinders”, des gangsters charismatiques et magouilleurs. Leurs intentions sont assez obscures, mêlant honneur, vengeance, lien familial, ambition et amour. C’est chic et bien mené, avec un casting aux petits oignons, une esthétique soignée et jusqu’à une bande son rock et décalée qui signe vraiment l’originalité de la série. J’ai quelque peu préféré la première saison à la deuxième, un peu plus lente et convenue selon moi (enfin j’ai surtout été perturbée, je l’avoue, par le changement de nez de Grace, détail futile mais j’ai l’impression qu’elle y a perdu beaucoup de charisme et de charme malheureusement, en plus d’un rôle relégué au second plan), mais apparemment les meilleures sont les 4 et 5… affaire à suivre !
  • Autre série que j’affectionne beaucoup, Good Doctor, dont j’ai fini de visionner la saison 3. Mettant en scène Shaun, un jeune homme autiste résident en chirurgie, subtilement interprété par Freddie Highmore. On le suit dans ses apprentissages, tant sur le plan professionnel que social et sentimental, en parallèle d’intrigues de médecin à la Urgences. C’est toujours aussi juste et touchant, même si j’ai été un peu lassée des péripéties sentimentales du pauvre Shaun, entre Carly et Lea, je t’aime moi non plus c’est trop compliqué mais finalement non… Bon. Et puis les amourettes entre les autres personnages commencent aussi à tourner en rond, alors je me demande bien ce que va pouvoir apporter une prochaine saison…
  • Petite déception pour la mini-série télévisée allemande Berlin 56, et la suite Berlin 59. L’ambiance m’a cependant bien plu : les années 50, la montée en puissance du rock’n’roll, et le synopsis de départ était prometteur, en mettant en scène trois sœurs élevées par leur mère depuis la disparition mystérieuse de leur père, directrice d’une école de danse traditionnelle qui peine à se moderniser. Malheureusement les clichés s’enchaînent, entre Monika, la fille un peu rondelette et à lunettes qui désespère sa mère mais finira par s’émanciper, la jolie sœur qui ne pense qu’à faire un beau mariage et finit par se prostituer, l’aînée engoncée dans son rôle de femme au foyer… Et surtout, surtout, l’histoire d’amour entre Monika et un riche fils d’industriel, qui aurait pu être touchante si elle ne partait pas d’un viol dès le premier épisode (oui, je spoile, mais cela ne m’a pas plu du tout). Ajoutez à cela quelques montages maladroits, et voilà pourquoi cette série prometteuse m’a paru médiocre… Mais bon, j’ai quand même regardé tous les épisodes, preuve que l’intrigue était suffisamment prenante, et il y avait quand même un début d’esquisse de quelques réflexions féministes.

Vidéos

Côté vidéos, je suis restée fidèle aux points d’actualité d’Hugo Décrypte bien évidemment, toujours aussi clairs et précis sans être alarmistes.

J’ai aussi beaucoup aimé les courtes vidéos quotidiennes postées par Jamy Gourmaud (oui, le Jamy de C’est pas sorcier !) sur sa toute nouvelle chaîne Youtube. Ludiques et instructives, il nous présente un concept/une idée en 2/3 minutes, des sciences à la linguistique.

Autre chaîne que j’apprécie de plus en plus, celle de Loupche, jeune femme engagée (féminisme, véganisme entre autres !) et spontanée, dont j’ai aimé suivre le quotidien dans ses “Daily vlogs”.

Enfin, vidéo d’utilité publique, pédagogique et humoristique à la fois, “Pourquoi les vegans imitent la viande ?” de La Petite Okara. Une question prétexte à une plus vaste réflexion sur l’étymologie des mots et la question des “traditions” (car non, les termes de fromage ou de saucisse ne sont pas forcément des termes réservés à des produits d’origine animale), qui donnent en outre des arguments solides pour les prochaines remarques piquantes face au contenu de notre assiette.

Cuisine

En cuisine, j’ai été très inspirée ce mois-ci, avec des envies de végétalisation de grands classiques, notamment du tiramisu et des figolus (dont la recette enfin mise au point arrive très prochainement !). Vraiment, la cuisine végétale n’a rien à envier à la cuisine traditionnelle, et j’ai pris beaucoup de plaisir à tenter, créer, m’amuser avec les ingrédients… et à déguster les essais bien évidemment (même “ratés”, ou disons en voie d’amélioration!).

Entremets façon tiramisu (vegan, sans gluten)

J’ai aussi retrouvé à la fin du mois mon porridge favori à la courgette qui a égayé mes petits-déjeuners. La recette est sur le blog, juste ici, même si je remplace désormais 10 g des flocons par une càs de graines de chia et 1 càs de caroube en poudre, et troque le caramel de dattes avec du sucre intégral au goût caramélisé. Des fruits rouges sur le dessus et une belle càc de purée d’oléagineux, et c’est parti pour une belle journée !

Côté recettes (à peu près) suivies à la lettre, j’ai adopté le crousti-tofu de La Petite Okara (surtout pour recycler des tartines sans gluten pour faire la chapelure… et que je vais sans doute maintenant racheter uniquement à cet usage tellement c’était bon !). J’ai aussi redécouvert les asperges avec la version rôtie au four et parfumée au citron et à l’huile d’olive de Cécile du Palais Savant.

Musique

Pendant ce mois d’avril, j’ai eu une phase Lana del Rey (toujours pas passée, d’ailleurs, car je découvre jour après jour de nouveaux titres… !), qui sait parler à ma fibre mélancolique. Et puis il y a aussi quelque chose de dolent, d’estival dans sa musique, qui allait très bien avec les premières journées ensoleillées…

En vrac…

  • L’odeur de la terre humide après la pluie (qui s’est faite rare en ce mois d’avril !).
  • Aérer la maison le matin et le soir, la petite brise fraîche et le chant des oiseaux.
  • Les cavalcades d’un petit poulain sur le chemin de ma promenade quotidienne.
  • Porter une robe jambes nues.
  • Souffler sur les aigrettes des pissenlits

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