La nuit venait. Non pas la nuit naturelle, celle qui précède et suit le jour, non, la nuit totale. La Grande Étoile, celle qui éclairait et réchauffait la planète Thymonia, était en train de rendre son dernier rayon. Sa luminosité décroissait de jour en jour, et bientôt il n’y aurait plus que les ténèbres. Les fleurs faneraient, les mers gèleraient, les êtres mourraient, de faim, de froid, de désespoir. 
          Il fallait trouver une solution au plus vie. Or les Thymoniens ne pouvaient se résoudre à l’idée de quitter leur terre. La planète habitable la plus proche était située à quelques 82 années lumière. Une génération entière mourrait au cour du voyage intergalactique, sans jamais avoir foulé un sol et senti la chaleur du soleil caresser leur joue. 
          L’ERDG (Électricité Réseau Distribution Galactique) chargea alors son meilleur agent, Reverbo, d’installer un nouvel astre dans le ciel, capable de remplacer la Grande Étoile, d’éclairer et de réchauffer Thymonia. La mission était complexe et fastidieuse, car il fallait sélectionner les plants d’astres les plus prometteurs, anticiper leur intensité, leur diamètre, leur température, leur couleur à l’âge adulte, calculer la distance idéale à laquelle placer l’astre pour qu’il ne soit ni trop envahissant, ni trop lointain. 
          Reverbo prit place dans son vaisseau spatial favori, le Citro XP315, un magnifique et spacieux subcéleste jaune. Il lui fallut une semaine de pilotage pour atteindre le Champ d’Étoiles le plus proche, où l’on cultivait les meilleurs graines d’étoiles en vue de remplacer les soleils défaillants.
          Il revint avec un premier plant, le Kumqui 418, à la douce lueur orangé. On le planta après toute une série de calculs savants et on attendit trois jours et trois nuits, le temps que l’astre atteignît sa forme définitive. Kumqui 418 poussa, mais elle était trop petite pour éclairer l’ensemble de la planète. Elle avait une forme insolite, un peu allongée, qui ne faisait pas l’unanimité parmi les Thymoniens. En outre, elle était trop orangée, et donc trop froide (les astres les plus chauds étant les soleils de saphir). 
          Comme il était difficile de déplacer une étoile adulte (il fallait une centaine de pégases galactiques chargés de tirer l’étoile…filante), l’ERDG ordonna à Reverbo de ramener une nouvelle étoile. Après tout, quelques planètes possédaient deux soleils, bien que ce fût exceptionnel.
          Reverbo revint chargé du plant Mandarina 542. On le planta après toute une série de calculs savants et on attendit trois jours et trois nuits. Malheureusement, si Mandarina était de taille et de forme adéquates, elle était encore plus orange que Kumqui 418, et réchauffait à peine la planète. De plus, celle-ci semblait constamment baignée dans une lumière crépusculaire. Cette particularité luminochromatique n’était pas déplaisante, mais il devenait impossible de distinguer les tonalités allant du blanc lune à l’orange cornaline.
          Reverbo fut donc contraint de retourner chercher un astre vert afin de contrebalancer cette mandarinochromatisme. On planta alors Limo 647 après toute une série de calculs savants et on attendit trois jours et trois nuits. Comme espéré, l’alliance des rayons verts et des rayons orangés donna une belle lumière blanche et claire. Malheureusement, l’attraction exercée par les trois soleils impactait grandement sur l’inclinaison de Thymonia, qui se mit à pencher furieusement, au point que les parallèles devinrent des méridiens et les méridiens des parallèles. Il fallait encore une autre étoile, à la lumière douce et blanche, mais de taille conséquente afin de rééquilibrer la sphère terrestre.
          Reverbo repartit pour le Champ d’Étoile dans son subcéleste jaune. Mais il n’y avait plus de plant de grande taille, et Reverbo fut contraint de revenir avec deux plants à son bord : Bergamota 649 et Bergamota 650, deux soleils nains jumeaux dont les deux masses combinées permettraient de stabiliser Thymonia. On planta les plants après toute une série de calculs savants et on attendit trois jours et trois nuits. La planète retrouva son équilibre originel, un éclairage optimal et un climat doux, bien qu’un peu plus chaud qu’auparavant. 
            Dès lors, cinq soleils illuminèrent le ciel de Thymonia : le Petit Soleil (Kumqui), le Soleil d’Ambre (Mandarina), le Soleil Vert (Limo), et les Soleils Jumeaux (Bergamotas).

drawing universe





pancakes vegan


 
La Chandeleur approchait, j’avais envie de crêpes, j’entamais mes premières expérimentations crêpières…
Ces petites crêpes sont nées d’un regard vers les étoiles qui brillaient de milles feux ce soir-là, et… d’un rhume. Les hommes de la maisonnée avaient la gorge irritée et le nez bouché des enrhumés.
Il fallait les nourrir, il fallait les soigner, il fallait les réconforter. 
Dans le jardin, le thym faisait grise mine mais quelques branches étaient encore assez vaillantes pour parfumer agréablement la pâte. 

J’imaginais un ciel aux soleils multiples, un peu comme La Nuit étoilée de Van Gogh, mais en plein jour, un matin, un après-midi, une journée… étoilés. Tatooine, dans Star Wars, possède deux soleils, tout comme une exoplanète du nom de Kepler-16b. 
Je fermais les yeux et en comptais un, deux, trois… (soleil !). Non, encore… quatre, cinq. Cinq soleils dans le clair ciel azur d’une planète.
Cinq soleils. Un petit allongé et orangé comme un kumquat. Un moyen couleur mandarine. Un troisième, vert citron. Et deux autres encore, des soleils jumeaux et dorés.

Vincent Van Gogh, La Nuit étoilée, 1889. Huile sur toile, 73 x 92 cm. New York, Museum of Modern Art.


pancakes vegan


Du citron jaune soleil…

 

Le citronnier (citrus limonum) est un petit arbre qui appartient à la famille des Rutacées. Originaire du sud-est asiatique (Inde, au pied de l’Himalaya, Birmanie et Indochine), il est apporté en France au début de l’ère chrétienne, via la Médie (nord-ouest de l’Iran ancien) puis la Grèce. Il est aujourd’hui cultivé dans les régions méditerranéennes, au Mexique et en Californie. 
En France, Menton est la capitale française du citron. En effet, une légende raconte qu’Ève, chassée du Paradis, aurait dérobé un citron. Après une longue errance, Adam et sa femme arrivent devant la baie de Garavan (aujourd’hui quartier de Menton situé à la frontière avec l’Italie). Ève aurait alors posé le citron divin au sol et proclamé : “Croîs et foisonne, ô fruit du ciel, dans ce jardin digne de toi !”
Cet arbuste mesure environ 3 à 5 mètres de haut, et possède des rameaux munis d’épines. Ses feuilles sont épaisses et persistantes. Les fleurs, très odorantes, sont blanches à l’intérieur et pourpres à l’extérieur. Enfin, le fruit, appelé citron, est une baie de forme ovoïde de 5 à 10 cm de long, mamelonné à une extrémité, de couleur jaune. 

Le fruit se compose :
♦ d’un zeste amer et aromatique, à l’essence riche en limonène, en pinènes et en citral 
♦ d’un péricarpe (paroi du fruit) blanc et spongieux
♦ d’une pulpe à la saveur acide, riche en acides organiques et en vitamine C

♦ Sa richesse en vitamine C (pulpe) en fait un excellent antiscorbutique (le scorbut est une maladie due à une carence en vitamine C, et se manifestant, entre autres, par de graves hémorragies). La vitamine C, ou acide ascorbique, participe à la bonne santé de nos os, de nos cartilages et de nos dents. 
♦ Le citron est rafraîchissant, d’où son utilisation dans la préparation de limonades ou de citronnades désaltérantes. Celles-ci, à raison de deux citrons entiers et découpés en tranches pour un litre d’eau chaude ou froide, sont préconisées en cas de grippes et autres maladies fébriles, d’embarras gastriques de caractère bilieux (nausées, vomissements), et bien sûr de canicule. De plus, une tranche de citron écrasée dans une tasse de café noir est un remède réputé très efficace contre les maux de tête.
♦ Ses propriétés antiseptiques et dépuratives sont utiles en cas de maladies infectieuses, d’angines, d’aphtes, de mycoses, d’acné ou de piqûres d’insectes. En cuisine, il assainit les aliments, en détruisant environ 90 % des germes pathogènes.
♦ Le jus est utilisé en cosmétique pour traiter les peaux grasses, les pores dilatés et les points noirs. Ajouté dans l’eau de rinçage du shampoing, il rend les cheveux souples et brillantes. Il fortifie en outre les ongles cassants, les blanchit, tout comme les dents.

♦ L’écorce possède des vertus toniques et carminatives, c’est-à-dire qui favorisent l’expulsion des gaz intestinaux. 
Compter 2 càc de zeste de citron par bol, à faire bouillir 2/3 minutes et infuser ensuite 10 minutes avant consommation ou usage externe.
♦ Les flavonoïdes du zeste renforcent la paroi interne des vaisseaux sanguins et atténuent les varices.

♦ Les pépins, très amers, sont vermifuges et fébrifuges. 


Le citron aurait aussi de grands pouvoirs de purification… et de séduction ! Dans le Middle West américain, les femmes avaient ainsi coutume de préparer une tarte au citron pour préserver leur couple de l’infidélité.

pancakes vegan


… et des petits brins verts de thym

Le thym (thymus vulgaris), aussi appelé farigoule, est un arbrisseau de la famille des Lamiacées. Haut de 10 à 30 centimètres, il est commun des terrains secs et rocailleux du Midi, dans l’ouest du bassin méditerranéen, de l’Espagne à l’Italie.
Il se caractérise par de petites feuilles étroites vert grisâtre et des fleurs rose pâle. Son arôme varie énormément selon les plants, du parfum citronné au musqué, voire camphrée, et parfois même une odeur repoussante ! L’essence aromatique est ainsi de composition variable, avec selon les cas, une domination de thymol, de linalol ou de géraniol. Cette diversité est liée aux variations du patrimoine génétique des plants, et non pas du terrain. 

♦ Le thym est tonique et stimulant. Il stimule notamment l’appétit, et tonifie le cuir chevelu, empêchant leur chute, les épaississant et activant la repousse. 
♦ Il est antispasmodique des voies digestives. Il facilite ainsi la digestion tout en calmant les contractions nerveuses de l’estomac et de l’intestin, chasse les gaz et évite la fermentation des aliments.
♦ Il est antiseptique.  En usage externe, il permet de nettoyer et d’aseptiser les plaies. Il désinfecte l’haleine et prévient les caries.
♦ Désintoxiquant, il favorise la transpiration et la diurèse (excrétion d’urine). Il est aussi vermifuge.
Compter 20 à 30 g de thym par litre d’eau, à infuser pendant 10 minutes.

Personnellement, je l’utilise dès que je suis sujette aux premiers symptômes du rhume (mal de gorge, nez bouché), à raison d’une goutte de thym à linalol ou à thujanol sur une cuillerée de miel ou de sirop d’agave ou de riz, 3 à 4 fois par jour, en-dehors des repas. Cette petite astuce fonctionne très bien sur moi, dégageant les bronches et les narines et désinfectant tout en adoucissant la gorge. 


pancakes vegan





Pour environ 15 petites crêpes :

180 g de farine de blé ou de grand épeautre T80
1 càs de vinaigre de cidre
1 càc de bicarbonate de soude alimentaire
1 càc de poudre à lever
150 ml d’eau + 150 ml de lait végétal (ou 300 ml de lait végétal pour plus de moelleux) 
1 càs/quelques branches de thym (10 g)
Le zeste d’un citron
1 pincée de sel
 
♦ Dans une casserole, faire infuser les branches de thym pendant 10 minutes à feu doux dans le mélange de lait végétal et d’eau. Filtrer en gardant quelques feuilles et bien laisser refroidir.
♦ Mélanger tous les ingrédients secs dans un saladier. Ajouter le zeste d’un citron non traité.
♦ Lorsque l’infusion a bien refroidi, la verser dans la préparation sèche et mélanger le tout avec un fouet pour obtenir une belle pâte bien lisse.
♦ Laisser reposer la pâte une bonne heure au frais.
♦ Cuire les crêpes dans une petite poêle légèrement huilée. Verser une demi-louche de pâte et faire cuire à feu moyen. Lorsque le dessus est devenu une planète sèche ponctuée de cratères, retourner la crêpe et laisser cuire une minute avant de passer à la suivante.
 
La taille des crêpes est bien sûr extensible suivant le diamètre de votre poêle. Il faudra alors adapter la quantité de liquide afin que la pâte soit moins épaisse et cuise mieux. Les petites crêpes ont l’avantage d’être beaucoup plus faciles à retourner.
Je les sers habituellement avec une mousseline de légumes associée parfois à des légumineuses, ou avec une poêlée de légumes/légumineuses relevée d’une petite sauce/crème aux oléagineux.
 
Cette recette peut être adaptée en version sucrée, en ajoutant un peu de sirop d’agave, de sirop de riz ou de miel (si vous n’êtes pas véganes) dans la pâte, ou avec une bonne tartinade.

Sources


BOISVERT Clotilde. Plantes et remèdes naturels. Genève : Aubanel, 2003. 528 pages.


COUPLAN François, DEBUIGNE Gérard. Le Petit Larousse des plantes qui guérissent. Paris : Larousse, 2013. 1032 pages.

Semez les graines de L'Arbre-en-ciel

4 thoughts on “Petites crêpes soleils thym-citron

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *