Le Parfum de l’hellébore, Cathy Bonidan (roman, 2017)

Categories Esthétique des livres, L'Arbre-en-ciel, Litterarium
Le Parfum de l'hellébore, Cathy Bonidan, vignette

Le Parfum de l’hellébore, Cathy Bonidan (roman, 2017)

L’hellébore est une plante de la famille des Renonculacées, dont le nom vient du grec heleïn : « faire mourir » et bora : « nourriture », c’est-à-dire plante vénéneuse. Dans l’Antiquité, elle était réputée pour soigner la folie et la mélancolie. Elle fait ici allusion aux protagonistes du roman, de jeunes malades internés en psychiatrie, que le personnel tente de guérir, avec des méthodes parfois controversées, entre douceur et violence. Mais le parfum de l’hellébore, c’est aussi l’odeur de la terre, cette terre que brasse Serge, le taciturne jardinier, une odeur qui pourrait bien se révéler thérapeutique…

Un très beau roman sur le thème de la différence, des troubles mentaux, mais aussi de l’amitié et de l’amour. Le récit est divisé en deux parties. D’une part, l’histoire de ces jeunes internés dans un hôpital psychiatrique, le centre Fabret, dans les années 50, relatée en alternance entre le journal de Béatrice, jeune anorexique de 13 ans, et les lettres d’Anne, 18 ans, la nièce du directeur, à sa meilleure amie Lizzie. Il y a aussi la figure de Gilles, jeune autiste de 11 ans, qui va peu-à-peu s’ouvrir au monde grâce à Serge, jardinier taiseux et illettré , mais ouvert, tolérant et perspicace. Dans la seconde partie, nous nous retrouvons à l’époque contemporaine, et suivons le parcours de Sophie, 28 ans, en pleine rédaction de sa thèse sur les hôpitaux psychiatriques. Elle va tomber sur les archives du centre Falret, et mener une enquête sur les patients. Pour cela, elle est aidée par deux frères atypiques, Matthieu et Gabriel, ce dernier étant en fauteuil roulant. Une enquête sur les fantômes de Falret, qui va lui permettre de reconstituer l’histoire des internés, mais aussi de se trouver elle-même…

Ce roman est touchant et poignant car il aborde des thèmes sensibles avec beaucoup de délicatesse et d’émotion. Le rythme est particulièrement bien mené, les personnages attachants, l’intrigue bien tournée et pertinente. La fin est par contre peut-être légèrement tirée par les cheveux, mais pleine d’espoir, et cela fait du bien !

Le Parfum de l'hellébore, Cathy Bonidan

Atmosphère/climat : petite bruine fine, quelques rayons de soleil perçant les nuages fins

Saveur : acide, une couleur de cris et de larmes, une couleur criante, une couleur piquante

Parfum : terre humide et poussière. Les mains dans l’humus, promesse de germination, de naissance, et la poussière silencieuse de l’ancien, du passé.

Rythme : discontinu, entre calme plat et tumulte, de brusques retours en arrière, des émotions en montagnes russes

Sonorité : des murmures, une ambiance feutrée, brutalement entrecoupée de cris

Couleur : violet foncé

Violet, couleur de la mélancolie, mais aussi de la sagesse… le “presque noir” du Moyen-Âge, couleur du deuil…

Mots-clefs : psychiatrie, asile, hôpital psychiatrique, maladie mentale, folie, mélancolie, enquête, autisme, anorexie, différence, amitié, amour, handicap

Fratrie culturelle :

HOPE Anna. La Salle de bal. Paris : Gallimard, 2017. 400 pages. (Collection Du monde entier).

En 1911 dans le Yorkshire, Ella Fay est internée à Sharston pour avoir brisé une vitre de la filature où elle travaillait depuis ses 12 ans. Révoltée puis résignée, elle participe chaque vendredi au bal des pensionnaires. Au fil de leurs rencontres Ella s’éprend de John, un Irlandais mélancolique. S’intéressant à l’eugénisme, le docteur Fuller décide de réformer l’asile.


MURAIL Marie-Aude. Simple. L’École des Loisirs, 2004. 206 pages. (Collection Médium).

La vie de Simple et de son frère Kléber. Simple a 22 ans d’âge civil, et 3 ans d’âge mental ; Kléber, lui, est en terminale, il est très courageux et très fatigué de s’occuper de Simple. Et les choses vont devenir encore plus compliquées le jour où Kléber a l’idée d’habiter en colocation avec des étudiants, pour sauver son frère de Malicroix, une institution spécialisée.

En accompagnement : une salade de chou rouge, châtaignes, pommes, raisins et noix, le chou rouge pour sa couleur violette, les noix pour le cerveau, les pommes pour l’amour, les châtaignes pour la tendresse, les raisins pour la douceur, et la petite sauce acidulée pour relever le tout !

 

BONIDAN Cathy. Le Parfum de l’hellébore. Paris : La Martinière, 2017. 306 pages.

Dans les années 1960, Anne travaille chez son oncle, directeur d’un centre psychiatrique parisien. Les traitements sont encore archaïques et certaines décisions de l’institut choquent la jeune femme qui, se sentant menacée, ne peut rien dire. Le sort de deux malades la préoccupe : celui de Gilles, un jeune garçon autiste de 11 ans, et celui de Béatrice, une anorexique de 13 ans. Premier roman.

Semez les graines de L'Arbre-en-ciel

2 thoughts on “Le Parfum de l’hellébore, Cathy Bonidan (roman, 2017)

  1. Merci pour tes articles, je les lis avec beaucoup de plaisir! Pas encore lu de livres que tu conseilles mais je les garde au chaud pour ma prochaine visite à la bibliothèque!

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *