Le Sorceleur livre I : Le Dernier vœu, Andrzej Sapkowski (roman)

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Dernier voeu (Le), Andrzej Sapkowski

Le Sorceleur livre I : Le Dernier vœu, Andrzej Sapkowski (roman)

Après avoir lu le dernier Sylvain Tesson et le dernier Blandine Rinkel, deux lectures somme toute plutôt contemplatives et réflexives, il me fallait quelque chose de plus dynamique et dépaysant. Ajoutons à cela le teasing de la nouvelle série Netflix, “The Witcher”, mes premières amours de fantasy, et me voilà plongée dans la saga du Sorceleur, d’Andrzej Sapkowski.

Ce premier tome est en fait un ensemble de nouvelles, où l’on va suivre un épisode de la vie de Geralt de Riv, sorceleur. Cette profession consiste à tuer des monstres pour gagner sa vie, après une formation très spéciale et des transformations physiques qui ont fait de lui un mutant. Transformé par la magie, le sorceleur est un être solitaire, redouté et rejeté, dépeint comme une machine à tuer, incapable de la moindre émotion, dont on a détruit toute la part d’humanité. Un monstre en quelque sorte, destiné lui-même à tuer des monstres.

J’ai tout de suite été emportée par l’univers de dark fantasy dépeint par l’auteur. Un univers riche et sombre, aux accents médiévaux, où de nombreuses espèces intelligentes se côtoient avec plus ou moins de pacifisme : les hommes bien sûr, dominant la terre, mais aussi les elfes, les nains, les gnomes, les hobbits (il n’y a pas que chez Tolkien qu’on en rencontre donc !), les sirènes, et toute la palette des monstres imaginable.

Chaque être a sa part d’ombre et de lumière, au-delà de tout manichéisme entre le Bien et le Mal. Ce qui est monstrueux n’est pas forcément mauvais, et la beauté ne peut être que factice. Geralt, le sorceleur, n’est pas forcément le guerrier insensible que l’on croit : certes redoutable au combat, il ne respecte pas moins une certaine déontologie, et met un point d’honneur à connaître et à comprendre ce qu’il doit combattre, tout en s’efforçant de se tenir à l’écart des affaires politiques. Sur sa route, on croise aussi la terrible Yennefer, magicienne à la fois détestable et touchante, Jaskier, troubadour fantasque et coureur de jupons, et enfin Ciri, “l’enfant-surprise”, au caractère bien trempé.

Au fil des nouvelles se dessine tout de même une trame commune, qui démarre véritablement à partir du tome 3. Une trame tournant essentiellement autour de la notion de destinée…

Dernier voeu (Le), Andrzej Sapkowski

Atmosphère/climat : brumeux et nocturne, quelques éclats dorés des étoiles, des bougies et autres chandelles, du feu et de la magie.

Saveur : amère et métallique, un goût de sang et de terre.

Parfum : feu de bois, humus, herbes fraîches, et sueur.

Rythme : trépidant, haché, brutal.

Sonorité : éclats de lames, cris et autres vociférations, bruits de la forêt, lyrisme de la langue elfique.

Couleur : gris argent, comme les cheveux du sorceleur et de la petite Ciri, comme la poussière, les cendres, les ruines.

Mots-clefs : sorceleur, destinée, fantasy, magie, racisme, imaginaire, monstres, combat, amour, quête.

Fratrie culturelle : Je n’ai pas lu tous les classiques de la fantasy, mais impossible de ne pas citer Le Seigneur des anneaux, de J. R. R. Tolkien.


L’ambiance médiévale et la notion de destinée n’est pas sans rappeler les légendes autour des chevaliers de la Table Ronde.


PEDROSA Cyril, MOREIL Roxanne. L’Âge d’or, volume 1. Marcinelle (Belgique) : Dupuis, 2018. 232 pages. (Collection Aire libre).

À la mort du roi, Tilda s’apprête à monter sur le trône pour lui succéder dans un royaume accablé de maux et souffrant de disette. Avec le sage Tankred et le loyal Bertil, elle tente de mener des réformes mais est contrainte à l’exil par son frère. Avec l’aide de ses fidèles compagnons, Tilda décide de tout faire pour reconquérir son royaume, guidée par d’étranges signes.

Son esthétique ici !

En accompagnement : un plat qui tient au corps, aux saveurs forestières, comme ce roulé (de Noël ou non) aux haricots rouges, farci aux châtaignes, et sa sauce brune.


SAPKOWSKI Andrzej. Le Sorceleur livre I : Le Dernier vœu. Traduit du polonais par Laurence Dyèvre. Paris : Bragelonne, 2019 (1re parution en 1993 en Pologne, en 2003 en France). 307 pages.

À travers les plaines arides et les montagnes escarpées des Royaumes du Nord, un homme avance seul. En ces temps obscurs, il est l’un des rares à ne pas craindre les terribles créatures qui croisent sa route. Car Geralt de Riv est un sorceleur : un mercenaire initié aux secrets d’une ancienne magie. Il suit son propre code de l’honneur dans un monde qui a oublié le sien, avec l’espoir inavoué de réaliser son dernier vœu : retrouver son humanité.

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