La Panthère des neiges, Sylvain Tesson (récit, 2019)

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Panthère des neiges (La), Sylvain Tesson

La Panthère des neiges, Sylvain Tesson (récit, 2019)

En me tendant le livre, elle m’a prévenue : “Tu verras, à un moment il y a une photo, je me demandais ce qu’elle faisait là, il faut lire pour comprendre.” Intriguée, j’ai feuilleté l’ouvrage rapidement, et suis tombée sur cette fameuse photo en noir et blanc, vers la fin. Une photographie de rapace. Le titre indiquait pourtant La Panthère des neiges, dernier livre de Sylvain Tesson, prix Renaudot 2019.

Les récits de Sylvain Tesson tiennent tout à la fois du carnet de voyage, de l’essai philosophique et du recueil de poésie. Cette fois-ci, il nous emmène aux confins du Tibet, à l’affût de la panthère des neiges, la reine des lieux.

“L’affût”, voilà le véritable objet de cet ouvrage, patiente attente sans certitude de succès. Accompagnant le photographe naturaliste Vincent Munier, sa femme Marie et Léo, assistant et philosophe, Sylvain Tesson nous offre un véritable plaidoyer pour la beauté du monde sauvage. Ce faisant, il critique ouvertement notre société humaine destructrice et individualiste.

Les chapitres sont courts, tels des fragments poétiques et philosophiques, au gré des réflexions de l’auteur plus que de l’action en elle-même.

Un ouvrage dont on savoure les descriptions lyriques de la beauté de la nature, mais aussi la beauté des mots.

Panthère des neiges (La), Sylvain Tesson

Atmosphère/climat : froid, glacial même, mais un temps sec et ensoleillé, avec une luminosité éclatante.

Saveur : sucrée et fraîche, un peu amère.

Parfum : discrète (le froid anesthésie assez l’odorat), un peu musquée.

Rythme : très lent, sans précipitation, en boucle.

Sonorité : le silence de la nature (qui est loin de l’absence de bruits !) : des craquements, des chuchotis, des bruits d’animaux et des gazouillis d’oiseaux.

Couleur : d’or et de neige, doré et blanc brillant. L’or comme symbole de la préciosité, de la beauté, comme les reflets de la fourrure de la panthère des neiges, comme ses yeux dorés.

Mots-clefs : panthère des neiges, affût, voyage, Tibet, animaux, contemplation, attente, réflexion, beauté, photographie.

Fratrie culturelle :

ANDREA Jean-Baptiste. Cent millions d’années et un jour. Paris : L’Iconoclaste, 2019. 320 pages. (Collection Blanche).

En 1954, dans un village de montagne entre la France et l’Italie, Stan, un paléontologue bientôt à la retraite, convoque Umberto et Peter, deux autres scientifiques. Il leur propose alors de le rejoindre pour tenter de retrouver le squelette d’un supposé dinosaure pris dans la glace. Mais cette quête initiale se transforme au cours de l’ascension en une expérience inattendue.


TESSON Sylvain. Dans les forêts de Sibérie : février-juillet 2010. Paris : Gallimard, 2011. 266 pages. (Collection Blanche).

Le récit raconte six mois d’ermitage dans une cabane, dans les profondeurs de la taïga sibérienne : les moments de solitude, la lutte pour la survie, les moments de paix, d’extase et d’osmose avec la nature, etc.

En accompagnement : un bon lait d’or à savourer lentement.


TESSON Sylvain. La Panthère des neiges. Paris : Gallimard, 2019. 176 pages.

En 2018, l’écrivain accompagne l’équipe du photographe V. Munier sur les hauts plateaux tibétains pour photographier les dernières panthères des neiges. Il relate cette aventure dans un environnement inhospitalier mais grandiose et livre ses réflexions sur la menace que représente l’homme pour le règne animal, sur la raréfaction des espèces et sur la spiritualité asiatique. Prix Renaudot 2019.

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