Le Fondant Banane et Mer de Coco façon po’e (cru ou cuit, vegan, sans gluten)

Categories Contes recettes, Culinarium, L'Arbre-en-ciel, Litterarium, Recettes sucrées, Sans gluten
po'e
        
 

         

une planète au cœur dur comme du marbre et à la terre aussi sèche que de la cendre. Un désert de cendre ocre, éclairé de quatre soleils, un de cuivre (le Soleil Froid), un d’or (le Soleil Doux) et deux de saphir (les Soleils Chauds). 

          Les Anciens racontaient qu’il y a bien longtemps, la Mousson Blanche avait duré trente-trois années entières. Il avait tellement plu que la planète était devenue un océan laiteux. La terre avait mis plusieurs décennies à absorber le liquide opalin. Les vents avaient alors sculpté dans le sol encore humide des formes qui, touchées par les étoiles filantes, s’étaient levées et avaient ouvert les yeux. Ces êtres nés du limon de la terre étaient leurs ancêtres.
          Limo avait entendu cette histoire nombre de fois par la bouche de son grand-père, qui l’avait lui-même appris de son aïeul, et il la raconterait sans doute à ses petits-enfants, si la Pluie Opaline le lui accordait. 
          Jour après jour, ils attendaient la Mousson Blanche, l’espérant comme un don du ciel, la craignant comme une malédiction. Car ils ne pouvaient vivre sans elle, elle apportait le liquide nourricier sur cette terre aride et inhospitalière. Ils recueillaient la pluie nacrée dans d’immenses bassins tapissés de plaques dorées comme le Soleil Doux. Néanmoins la Mousson Blanche pouvait aussi être meurtrière si elle s’éternisait. La dernière s’était étalé sur près de dix ans, et la population avait dû se replier sur les hauteurs, à environ 4000 mètres d’altitude, sur une surface d’à peine 500 m². Ils n’avaient été qu’une poignée à survivre, une trentaine tout au plus. Lorsque les soleils étaient réapparus, la mer blanche leur léchait les mollets. Mais c’était il y a sept années déjà, et les réserves s’épuisaient. La Mousson Blanche était capricieuse, elle ne prévenait jamais de sa venue ni de sa fin. Certains chuchotaient même qu’elle ne reviendrait plus.

          Le temps se délitait. Et surtout, le Grand Mal s’abattait sur la population, ce Grand Mal qui amollissait les corps et les esprits. Cette perte de goût, de saveur. Cet abattement. Cet ennui moribond. L’attente haletante semblait ralentir les secondes, les minutes, les heures et les jours, tandis que s’éloignait l’espoir d’un nuage cotonneux annonciateur de délivrance ou de fléau, mais qui signerait au moins le retour à l’action. Il faudrait alors s’affairer, préparer les bassins, les abris, les réserves. Ils danseraient sous la pluie tant que celle-ci le permettait, ils sauteraient dans les flaques puis nageraient dans les mares, les lacs, les mers et peut-être les océans de lait. Leur corps lui même absorberait le liquide, et serait de nouveau nourri et hydraté, souple et leste. Leur carcasse de bois sec se transformerait en roseau agile. Il y aurait de la vie, et des rires, et des naissances.
          Mais en attendant les Soleils de saphir irradiaient et semblaient vouloir avaler la planète toute entière. Limo se sentait bien seul, son grand-père était mort la veille, touché par le Grand Mal. Comme de coutume, la population se réduisait de façon exponentielle, au fur et à mesure que l’été se prolongeait. 
          Limo se sentait vidé d’espérance. Et si la Mousson Blanche ne reparaissait pas ? À quoi bon l’attendre, toujours attendre, et quoi donc ? Une pluie aussi fertile que fatale, au mieux une joie éphémère et au pire une apocalypse. Si encore il y avait de quoi s’occuper l’esprit, les mains, au lieu de rester là le nez en l’air. Les Anciens parlaient d’autres contrées, où il y avait autre chose que de la terre et de la pluie, où il y avait d’autres créatures que l’on pouvait apprivoiser, d’autres que l’on pouvait manger et d’autres encore qui ne servaient à rien mais rendaient le paysage plus beau. Mais ici, on pataugeait dans la tourbe avant de s’enterrer dans la cendre.
          Et puis un soir, le premier nuage lourd apparut suivi de son armée blanc coton, et il se mit à pleuvoir dru, une averse violente et interminable. La population entama son ascension vers les hauteurs, mais Limo resta en arrière. Les autres l’appelèrent, le secouèrent, mais il resta immobile, assis au milieu d’une plaine qui allait rapidement être inondée. Sans doute avait-il succombé au Grand Mal, alors ils le laissèrent là, sous la pluie blanche qui lui cinglait le corps.
          Il plut durant trois années. 
          La trentaine de rescapés redescendit sur ce qui était désormais une plage, là où ils avaient abandonné Limo. La mer blanche, jusqu’alors impassible, fut parcourue d’une onde qui s’étendit en cercles concentriques de plus en plus larges, et une silhouette se dessina en son centre. Lorsque Limo réapparut, il était redevenu blanc comme à sa naissance, et il tenait dans ses deux mains jointes une forme malléable, du limon ocre. Il s’assit près des autres rescapés et se mit à façonner la terre humide. Les autres l’imitèrent. La nuit vint et les étoiles filantes déposèrent sur les formes sculptées leur poudre argentée. Le lendemain, à l’aube, les formes s’étaient irisées de mille couleurs, et s’étaient animées. Elles se mouvaient, certaines plus lentement que d’autres. Certaines parlaient, même si Limo et les siens ne les comprenaient pas, d’autres étaient muettes, mais irradiaient d’un chant qui n’était pas langage.
          Certaines formes poussèrent, leurs feuilles et leurs fruits tombèrent et nourrirent la terre, qui nourrit les racines et les graines qui s’élevèrent et donnèrent des feuilles et des fruits qui de nouveau rassasièrent la terre. Celle-ci apprit à garder le lait nourricier en son sein, et personne n’attendit plus la Mousson Blanche.

drawing man

 






Où il est question de la Création de l’Homme…

 

          Dans de nombreux récits cosmogoniques, la création du monde, et plus particulièrement de l’homme, relève d’un travail manuel, d’un façonnage, d’un modelage. Dieu (ou plusieurs dieux, ou même une force indicible) se fait potier, artisan du monde, artifex mundi.  Dans la religion chrétienne, si Adam se nomme ainsi, c’est parce qu’il a été créé à partir de la terre, la adamah en hébreu, terme désignant une terre argileuse rougeâtre. 

“Yahweh Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint une âme vivante.” (Gn 2, 7)

En Mésopotamie (récits mythologiques gravés sur tablette d’argile datant d’environ 5000 ans), Enki (Éa), le plus intelligent des dieux, maître des techniques, décide de créer l’homme à partir d’argile trempée dans la chair et le sang d’un dieu sacrifié. La déesse Nintu dispose la pâte obtenue dans sept moules pour les hommes et sept autres pour les femmes. Cette première génération naît au bout de neuf mois, chiffre bien sûr très symbolique, puisqu’il s’agit de la durée de la gestation humaine.
Chez les Aztèques, les hommes du cinquième monde sont créés à partir d’une farine d’os broyés mêlée à du sang divin.
Chez les Mayas, les dieux Gucumatz (le serpent à plumes) et Huracan, appelé aussi Cœur de ciel, qui ont façonné le monde, décide de modeler dans la glaise des hommes pour peupler la terre. Cependant, ces premiers hommes se ramollissent sous la pluie. Après avoir essayé avec du bois et du jonc, en vain, ils se tournent vers le maïs, qui permet enfin la naissance des hommes.
Selon une version de la création des hommes dans la mythologie grecque, les hommes auraient été façonné par Prométhée, un des fils du Titan Japet, à partir d’argile et d’eau, puis animés par le souffle divin d’Athéna.


po'e
La version chocolatée… (la métaphore de la glèbe est ici très pertinente, pour ne pas dire la gadoue)


          Bien qu’issus de régions parfois très éloignées, et conçus durant des époques différentes, ces quelques exemples de récits mythologiques mettent tous en scène une création-façonnage de l’homme. Cette image me touche profondément, au-delà de toute croyance. Il y a dans le modelage quelque chose de très maternel, de très charnel, qui rend cette force divine étonnement proche. En effet, l’homme aurait pu naître d’un simple mouvement de l’esprit divin, mais non, une confrontation à la matière a été nécessaire pour qu’il naisse, une matière primitive, la terre, pour nous rappeler que nous faisons partie intégrante de la nature. Terre humidifiée pour être malléable, nourrie d’eau ou de sang. Et puis enfin, “l’animation” de ce corps humifère par un pouvoir divin, souvent défini comme un souffle.

Une Terre originelle. Un Liquide Nourricier. Un Souffle divin. Symboliquement, voilà de quoi nous avons été conçus.

 

 

Le Souffle


          S’il existe bien une œuvre qui exprime ces trois entités et met en abyme la Création de l’homme par l’acte lui-même créateur de l’artiste, il s’agit bien de la série Soffio (Le Souffle), réalisée en 1978 par l’italien Giuseppe Penone. D’immenses formes amphoriques en terre cuite, résultat d’une étreinte entre la matière et l’artiste. L’empreinte du corps de ce dernier est d’ailleurs aisément visible : plis d’une chemise, d’un pantalon, et surtout, dans la partie supérieur, le creux dessiné par les lèvres, comme soufflant dans un énorme ballon de baudruche.
Le souffle, justement. Soffio. Celui-là même qui anime la matière. Au delà de la respiration, comme simple phénomène automatique. Le souffle comme force de vie.
Cette forme ventrue matérialise ainsi cette force immatérielle. Le geste de l’artiste. L’objet en lui-même, évoquant la matrice originelle.

          

Giuseppe Penone, Soffio 6 (Souffle 6), 1978. Terre cuite, 158 x 75 x 79 cm. Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne. 158 (L) x 75 (l) x 79 (p) cm. Crédit photos  (C) Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Adam Rzepka.

 

           Je ne suis pas sculptrice, mais il est vrai que j’aime modeler, palper, toucher la matière, que ce soit en cuisine (malaxer, pétrir, éplucher, soupeser…), en bricolage (soulever, lisser, découper, scier…), en arts-plastiques (peindre, modeler…), au jardin (biner, ratisser, planter, arroser), ou même à un moment donné, une envie, plonger sa main dans un grand sac d’haricots secs comme Amélie Poulain, caresser la couverture d’un vieux livre, l’écorce d’un arbre, le pelage d’un chat, d’un chien, sa peau, la peau d’autrui. Le toucher enveloppe, réconforte.
 
 

La symbolique du po’e  

(oui c’est un drôle de titre)

          Lorsque j’ai découvert la recette du po’e, sur le blog Piment Oiseau, j’ai été attirée autant par le gâteau en lui-même (sa texture bien dense, sa couleur douce, le nappage au lait de coco) que par son processus de réalisation. Le po’e est une recette tahitienne à base de banane écrasée mêlée à de la farine de manioc et de sucre. Après passage au four, le gâteau est découpé en parts et arrosé généreusement de lait de coco. 

Un gâteau, telle une Terre asséchée au four à la belle couleur ocre-sable. Un lait de coco nourricier… Un geste maternel.

 

po'e
L’abreuvage 
po'e
La Mer Coco-Cacao
          Après quelques adaptations et moult essais, j’ai mis au point une nouvelle recette, très librement inspirée de ce po’e. La base est la même : des bananes écrasées, du lait de coco. J’ai juste remplacé le sucre par du sucre de coco (à l’Index Glycémique bas), et la farine de manioc par de la farine de coco (question de goût, d’équilibre de la recette… et surtout parce que je n’en avais pas dans mes placards !)
            Cette recette peut aussi être consommée crue. Certes, on perd la symbolique de la sécheresse et de la Mousson Blanche salvatrice, mais on profite de tous les bienfaits nutritionnels des aliments. Côté goût, la saveur de la banane est différente, plus douce que dans la version cuite, que je trouve légèrement plus acide. Côté texture, la version crue est plus fondante et moins dense. Enfin, le lait de coco vient davantage napper le gâteau que l’imprégner. Je vous conseille de tester les deux si vous le pouvez, et de choisir selon vos goûts. Pour ma part, j’ai une petite préférence pour la version crue, mais certaines personnes proches ont préféré le cuit…
          Crue ou cuite, la recette est déclinable en version chocolatée… Sable doré ou terre brune, à vous de choisir entre le sil et la glèbe…
Les photographies présentent uniquement la version cuite : la couleur est plus dorée et la texture plus dense et épaisse en bouche, bien imbibée de lait de coco.

 

po'e
La version cuite du Fondant Banane et Mer de coco

 

po'e
La version cacao cuite du Fondant Banane et Mer de coco

 

 

La banane

          La banane est le long fruit courbe du bananier, souvent regroupé en grappes appelées “régimes”. Bien que pouvant atteindre 15 mètres de hauteur, le bananier (famille des Musacées, originaire d’Asie du sud-est) n’est pas un arbre mais une plante herbacée, car il ne possède pas de tronc ligneux (son faux-tronc est en fait constitué des pétioles des feuilles, l’équivalent des pédoncules des fruits).  Ses feuilles peuvent quant à elles mesurer 4 mètres de long pour un de large. Généralement, la chair de la banane est de couleur crème, mais il existe d’incroyables variétés, beaucoup plus rares, à la pulpe colorée, comme le bleu de l’Isla du Pérou !
          Le fruit que nous consommons aujourd’hui est la plupart du temps stérile, issu de variétés domestiquées. En effet, à l’état sauvage, la banane contient une multitude de petites graines noires.

Ses bienfaits nutritionnels

♦ Elle est riche en manganèse et en potassium. Le manganèse interagit avec de nombreuses enzymes dans une douzaine de processus métaboliques, participant à l’utilisation des glucides et des lipides dans notre organisme. Il permet aussi de lutter contre les radicaux libres, molécules dont le surnombre peut entraîner la détérioration de nos cellules. Le potassium est un minéral jouant un rôle dans l’équilibre hydrique avec le sodium, c’est-à-dire qu’il permet d’éviter une rétention d’eau due à un excès de sel.

♦ Elle contient du tryptophane, transformé par notre corps en la fameuse sérotonine, neurotransmetteur du bien-être et favorisant un doux sommeil réparateur.
♦ En parallèle du tryptophane, elle est aussi très riche en vitamine B6, qui participe elle aussi à notre équilibre psychique en agissant sur les neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la mélatonine ou la dopamine.

♦ La banane est alcaline ou basique, (pH supérieur à 7) : elle permet donc de contre-balancer une éventuelle acidification de notre organisme, conséquence d’une alimentation trop acidifiante, de la prise de médicaments, de tabac, de maladie, mais aussi du stress, de la fatigue, d’un manque de sommeil ou encore de la pollution.

♦ En outre, la banane est riche en amidon résistant, surtout lorsqu’elle est peu mûre. L’amidon résistant porte bien son épithète puisque ce sucre résiste à l’action des enzymes et arrive tout fringant dans notre intestin. Il y subit alors une fermentation qui le transforme en acides gras à chaîne courte. Or ces derniers favoriseraient l’absorption des liquides et du sel, diminuant ainsi les pertes aqueuses dans les selles.
 



 

Pour 4 personnes (un petite moule rectangulaire de 19 sur 12 cm) :
4 bananes (environ 350 g)
60 g de farine de coco
20 g de sucre de coco
1 càs de vanille (et/ou d’autres épices au choix)
1 càs de poudre de lucuma (facultatif, seulement si version crue)
100 ml de lait de coco
 
♦ Écraser les bananes.
♦ Tamiser ou mixer la farine et le sucre de coco afin d’obtenir une fine poudre.
♦ Mêler cette poudre avec la purée de banane, ajouter la vanille et/ou d’autres épices, et la poudre de lucuma si version crue.
♦ Modeler la pâte selon votre convenance et votre imagination, le plus simple étant de la mettre dans un plat rectangulaire et de l’égaliser joliment.
♦ Si version cuite, cuire la préparation 10 à 20 minutes à 180 °C, et laisser refroidir.
♦ Couper la pâte en carrés, en rectangles, ou en fleurs (mais cela exige plus de doigté).
♦ Verser sur la pâte le lait de coco, bien répartir pour que le liquide soit absorbé en partie par le gâteau/terre. On peut couper le gâteau en parts pour faciliter l’absorption du liquide nourricier.
♦ Laisser somnoler le fondant au réfrigérateur avant dégustation.

Pour la version chocolatée, remplacer 20 g de farine par 20 g de cacao (cru),et ajouter encore au lait de coco 10 g de cacao (cru).

po'e

 

 

Sources

Mythologies

BAUSSIER Sylvie. Mythologies. Paris : Fleurus, 2000. 126 pages. (Collection Imagia découverte du monde).
Le livre de mon enfance qui m’a fait découvrir les récits mythologiques…
 

Banane

DUFEY Mélanie. “Le Petit déjeuner d’une fée…” (le paragraphe sur la banane) [En ligne]. In Chaudron Pastel. Mis en ligne le 14 septembre 2012. Disponible sur : http://www.chaudron-pastel.fr/2012/09/14/le-petit-dejeuner-dune-fee/.
 
“Banane et banane plantain” [En ligne]. In PasseportSanté.net. Mis à jour en octobre 2010. Disponible sur : http://www.passeportsante.net/fr/Nutrition/EncyclopedieAliments/Fiche.aspx?doc=banane_nu.
 
Musée de la banane [En ligne]. Disponible sur : http://museedelabanane.fr/.
 

Soffio, Giuseppe Penone

Soffio 6” [En ligne]. In Centrepompidou.fr. Disponible sur : https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/caz55ok/r8ELR6q.
 
“Giuseppe Penone” [En ligne]. In mediation.centrepompidou.fr. Disponible sur : http://mediation.centrepompidou.fr/education/ressources/ENS-penone/penone.html
Article de médiation rédigé à l’occasion de l’exposition rétrospective de l’artiste au Centre Pompidou, du 21 avril au 23 août 2004.

 

 
✤ Belle journée à vous, les mains dans la glaise ou les pieds dans la boue 
 
 
 

2 thoughts on “Le Fondant Banane et Mer de Coco façon po’e (cru ou cuit, vegan, sans gluten)

  1. C'est une recette que je vais m'empresser de tester… dès que je serai allée acheter de la farine de coco !!!
    Ca a vraiment l'air délicieux !
    Très bel article soit dit en passant, merveilleux textes… bravo pour ce blog culinairo-poétique et cet univers envoûtant.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *