Cent millions d’années et un jour, Jean-Baptiste Andrea (roman, 2019)

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Cent millions d'années et un jour, Jean-Baptise Andrea

Cent millions d’années et un jour, Jean-Baptiste Andrea (roman, 2019)

Deuxième roman, deuxième coup de cœur ! C’est un véritable plaisir de retrouver la plume de Jean-Baptiste Andrea, vive et poétique, qui m’avait séduite dans son premier roman Ma reine. Cette fois-ci, on suit Stan, paléontologue cinquantenaire, en quête d’un mystérieux “dragon”, qu’il espère être en fait un magnifique brontosaure emprisonné dans la glace, quelque part entre la France et l’Italie. Mais cette quête ne repose que sur les dires d’un vieillard et ses propres rêves… Il parvient néanmoins à convaincre son ami de toujours et ancien assistant, le géant Umberto, de l’accompagner. Avec eux, Gio, le guide mutique et alpiniste chevronné, et le jeune Peter, géologue allemand volubile accompagné de sa marionnette Youri, qui vient égayer leurs soirées glaciales au sommet des cimes. Mais bien évidemment, tout ne se passe pas comme prévu…

La mort rôde, la mort est déjà là, elle a enseveli le passé et semble vouloir croquer ces impudents et imprudents vivants. Il leur faut dès lors affronter le froid, la faim, la fatigue, le désespoir, et la peur, qui s’installe petit-à-petit. Peur de l’échec, peur de la mort, peur de l’autre, peur de soi-même.

Les chapitres sont courts, alternant le récit de l’expédition et les souvenirs d’enfance de Stan, marqués par la violence de on père dit Le Commandant, la figure si fragile et délicate de sa mère, partie trop tôt, son chien bleu Pépin, les moqueries, les premiers fossiles… L’écriture est belle et incisive, le rythme bien mené, les émotions intenses. Et là encore, une fin douce amère, mais si juste.

Cent millions d'années et un jour, Jean-Baptise Andrea

Atmosphère/climat : glacial, évidemment, une étendue blanche à perte de vue, aveuglante lorsque le soleil brille.

Saveur : douce amère, caoutchouteuse et difficile à avaler.

Parfum : très légère odeur de parfum, celui de la mère de Stan, mais l’odorat est quelque peu anesthésié par le froid.

Rythme : une lenteur forcée et pesante, engourdie.

Sonorité : caverneuse, rauque et basse, comme la voix d’un géant, les tourbillons d’une tempête, les entrailles de la Terre.

Couleur : blanc lumineux légèrement bleuté.

Mots-clefs : paléontologie, fossiles, brontosaures, dinosaures, amitié, expédition, froid, souvenirs, survie, quête, rêves, aventure

Fratrie culturelle :

CHEVALIER Tracy. Prodigieuses créatures. Traduit de l’américain par Anouk Neuhoff. Paris : Quai Voltaire, 2010. 377 pages.

Dans les années 1810, sur la Côte du Dorset, Mary Anning s’émerveille des premiers fossiles qu’elle découvre. Elle se heurte alors à la communauté scientifique, composée exclusivement d’hommes. Elle fait la connaissance d’Elisabeth Philpot, passionnée de fossiles, qui l’accompagne dans ses recherches.


BARJAVEL René. La Nuit des temps. Paris : Pocket, 2012. 426 pages.

L’Antarctique. À la tête d’une mission scientifique française, le professeur Simon fore la glace depuis ce qui semble une éternité. Dans le grand désert blanc, il n’y a rien, juste le froid, le vent, le silence. Jusqu’à ce son, très faible. À plus de 900 mètres sous la glace, quelque chose appelle. Dans l’euphorie générale, une expédition vers le centre de la Terre se met en place. Un roman universel devenu un classique de la littérature mêlant aventure, histoire d’amour et chronique scientifique.

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REPILA Iván. Le Puits. Traduit de l’espagnol par Margot Nguyen Beraud, préface de Zoé Valdés. Paris : Denoël, 2014. Paru en 2013 en espagnol sous le titre El niño que robó el caballo de Atila). 109 pages.
Deux frères, le Grand et le Petit, sont prisonniers au fond d’un puits de terre, au milieu d’une forêt. Ils tentent de s’échapper, sans succès. Ils parviennent à survivre aux loups, à la soif, aux pluies torrentielles, mais le Petit s’affaiblit de jour en jour. Le Grand sait qu’il doit sauver son frère, quitte à en perdre la vie.

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En accompagnement : un bon thé doux-amer pour se réchauffer, et une bonne soupe blanc neige blanc lune !


ANDREA Jean-Baptiste. Cent millions d’années et un jour. Paris : L’Iconoclaste, 2019. 320 pages.

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