Barres crues au chocolat, sarrasin et amandes (vegan, sans gluten)

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Barres crues chocolat, sarrasin et amandes (vegan, sans gluten)

Les frères sculpteurs

Il était une fois deux frères jumeaux, fils de potier. Dès leur enfance, le père leur avait transmis sa passion pour le travail de la terre. Il leur répétait sans cesse que tout venait de la terre, et que tout retournait à la terre. La terre était la matrice du monde.

Parmi toutes les histoires que leur racontait le père, les mains dans la glaise, leur récit préféré était sans contexte celui de la création des hommes.

Il y a bien longtemps, le Maître Sculpteur, qui était à la fois mâle et femelle, poisson, oiseau, fourmi, éléphant et homme, avait façonné les animaux à partir d’une même terre magique. Il avait sculpté toute une journée et toute une nuit, des animaux de différentes formes et de différentes tailles. Puis son souffle les avait animés.

Parmi ces animaux, il y en avait un qui se tenait sur deux jambes et possédait deux mains, son premier outil : l’Homme. Avec ses mains, l’Homme pouvait dessiner, écrire, coudre, cuisiner, jouer, sculpter… Mais jamais ses créations n’égaleraient l’œuvre du Maître Sculpteur, qui était Perfection. L’homme pouvait créer la Beauté mais pas la Perfection. Et c’était bien ainsi, concluait le père en retournant à ses bols et à ses pots. « Car a surtout besoin de Beauté, et pas de perfection. »

Cependant, l’ambition et l’orgueil des deux frères grandirent en même temps que leur taille. Ils considérèrent avec de plus en plus de dédain l’humble travail du père, qui se cantonnait à ces objets du quotidien, certes d’une grande délicatesse mais terriblement communs. Ils rêvèrent d’égaler le Maître Sculpteur en créant eux aussi le Vivant et la Perfection. Ce rêve devint un désir brûlant et impérieux. Ils ne doutèrent pas de leur capacité à sculpter le plus bel être qui eût jamais existé, mais avant cela ils se mirent en quête de la terre idéale, celle qui pourrait accueillir la vie.

Ils sillonnèrent la planète pendant douze longues années chacun de leur côté, X dans l’hémisphère nord, Y dans l’hémisphère sud. Lorsqu’ils se retrouvèrent, ils croyaient tous deux avoir trouvé la terre idéale.

Le premier avait ramené une terre sableuse, puisée mille mètres sous un désert, sur les conseils d’un géant nomade qui avait une barbe qui lui caressait les pieds.

Le second avait rapporté une terre argileuse, tirée d’un marécage brumeux, sur les conseils d’une vieille femme aux yeux vairons.

Ces deux terres étaient magiques. Elles avaient toutes deux une force vibrante en elle, et étaient réputées pour leur pouvoir de guérison.

Les deux frères sculptèrent douze jours et douze nuits durant. Certains passants racontèrent avoir vu des lumières phosphorescentes et entendu des bruits étranges provenant de leur atelier. Personne ne sut à quels rituels ils s’adonnèrent, ni quelles incantations ils invoquèrent, sans doute appris pendant leur long périple. Toujours est-il qu’au matin du treizième jour, ils avaient réussi à façonner deux êtres d’une beauté extraordinaire, et dont la poitrine se soulevait à un rythme régulier.

Amaigris, les cernes creusés, ils s’empressèrent d’aller chercher le père. Celui-ci était déjà levé et semblait les attendre. Il les suivit sans mot dire, sans manifester aucune expression de surprise ou d’enthousiasme, malgré les exclamations enjouées et fières des jumeaux. Ceux-ci mirent ce silence sur le compte de l’incrédulité, ou même de la jalousie.

Les deux êtres de terre étaient allongés côte-à-côte, comme endormis. L’un était fait de la terre sableuse, d’une belle couleur chocolat, et l’autre était fait de la terre argileuse, aux nuances mordorés. Lorsque le premier rayon du soleil se posa sur eux, ils ouvrirent les yeux.

Les jumeaux étaient surexcités, se congratulant l’un et l’autre et cherchant désespérément l’approbation du père. Mais ce dernier restait muet, et interrompit leur bavardage d’un geste de la main. Les deux êtres de terre venaient de se lever. Ils se mirent face-à-face et se regardèrent l’un et l’autre. Alors leur visage se déforma dans une expression d’émotion intense, si intense que leurs corps se mirent à trembler, faisant vibrer l’air et le sol autour d’eux. Puis soudain, ils s’effondrèrent. Le premier s’effrita comme du sable, le second glissa comme de la glaise.

Les deux jumeaux restèrent bouche bée, stupéfaits de déception. Le père prit enfin la parole : « Ces deux terres sont certes magiques, mais elles sont trop fragiles pour supporter la puissance de l’émotion. Or la vie n’est pas qu’animation, mais aussi émotion. Ils se sont vus, ils se sont aimés, et cet amour soudain les a consumés. »

Les jumeaux pleurèrent à chaudes larmes sur les débris de leur ambition. Ils tentèrent bien de mêler les deux terres, mais celles-ci refusèrent de s’unir, telles l’eau et l’huile. Après douze jours de tentatives acharnées et vaines, ils s’écroulèrent de fatigue et de reddition.

Durant leur long sommeil, le Maître Sculpteur vint les visiter. Ils ne purent distinguer ses traits, mais il avait la voix du père. Il leur dit ces mots :

« À quoi bon chercher à égaler la nature ? Elle est là, autour de vous, et vous faites partie d’elle. Elle vous inspirera, mais jamais vous ne pourrez l’égaler. Elle est un tout, elle est perfection, et vous faites partie de ce tout, de cette perfection. Vous pourrez l’embellir, l’orner, la louer, mais jamais vous ne pourrez l’égaler. Vous pourrez créer la beauté, pas la perfection. Car l’homme a besoin de beauté, pas de perfection. »

Lorsqu’ils se réveillèrent, ils trouvèrent la maison et l’atelier vides, le père avait disparu sans laisser de trace. Alors humblement ils reprirent son art, et bientôt leurs pots, vases et autres objets de terre acquirent une réputation qui traversa les mers.

 

Pour en savoir plus sur les récits mythologiques de création de l’Homme à partir de la terre, c’est par ici !

 

Barres crues chocolat, sarrasin et amandes (vegan, sans gluten)

Beauté et perfection

On me qualifie souvent de perfectionniste (ce “faux” défaut” que l’on avance souvent lors des entretiens d’embauche !).

En écrivant, en dessinant, en peignant, et même en cuisinant, j’ai tendance à chercher un équilibre parfait. J’avais bien retenu la leçon : les dissertations se devaient d’être composées de trois parties, elles-mêmes constituées de trois sous-parties (est-ce pour cela que je cuisine des plats tripartites ?).

Mais ce souci de perfectionnisme, s’il nous pousse souvent au meilleur, a son revers : l’insatisfaction. Je suis rarement satisfaite de mes écrits, de mes dessins, de mes recettes : ils me semblent toujours un peu bancals, un peu maladroits, un peu fragiles, un peu ratés.

Néanmoins, mes études en histoire de l’art, en plus de m’avoir forgé un regard, m’ont révélé que ce qui comptait le plus dans une œuvre n’était pas sa virtuosité technique, mais ce qu’elle dégageait, sa Beauté. Beauté qui réside dans cet espace entre l’œuvre et notre œil, et qui n’est donc pas intrinsèque à sa qualité matérielle. Cet espace fait de souvenirs, de connaissances, de sentiments et d’émotions, que vient faire resurgir l’œuvre par sa présence.

Et très souvent, je remarque que les œuvres qui me touchent le plus, que je considère comme belles, ne sont pas parfaites : des longueurs, des anachronismes, des maladresses, des redites… Peut-être parce que cela les rapproche de moi, les rend humaines…

Barres crues chocolat, sarrasin et amandes (vegan, sans gluten)

Barres crues au chocolat, sarrasin et amandes

De petites barres savoureuses, crues, vegan et sans gluten, composées de deux couches gourmandes. Une première couche de crème chocolatée, dense et onctueuse (pour en savoir plus sur le cacao, c’est par là !), et une seconde couche de croûte sarrasin et amandes (encore meilleure si on les fait griller !), sablée et croustillante (pour en savoir plus sur le sarrasin, c’est par ici !).

Une recette inspirée de la tarte chocolat, café et kasha du blog Sweet Faery (merci ), et réalisée sous forme de barres pour mon papa amoureux de chocolat et de crème dense mais fondante, avec la petite touche salée qui rehausse le tout !

 

Pour 6 barres :

La croûte :

  • 80 g de sarrasin ou de kasha (sarrasin grillé)
  • 60 g d’amandes grillées
  • 1 pincée de sel
  • 1 càs d’huile de coco
  • 1 càs de sirop d’érable
  • 2 càs d’eau

Mixer tous les ingrédients secs.

Amalgamer avec l’huile de coco fondue, le sirop d’érable et l’eau.

Répartir au fond d’un plat recouvert de papier cuisson pour faciliter le démoulage. Bien tasser. Réserver au frais.

La ganache :

  • 100 g de noix de cajou trempées toute une nuit
  • 60 g d’eau
  • 40 g de sucre de fleur de coco
  • 30 g de poudre de cacao cru
  • 30 g de beurre de cacao
  • 1 càs de grains de vanille
  • 1 pincée de sel

Mixer tous les ingrédients sauf le beurre de cacao.

Faire fondre le beurre de cacao au bain-marie avant de l’ajouter à la ganache. Bien mixer jusqu’à l’obtention d’une préparation lisse.

Verser sur la croûte.

Réserver au frais au moins 4-5 heures avant de couper en barres, et déguster !

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